Qui est le plus « normal », le dépressif ou le « jovial »?

La plupart des sociétés humaines mettent en place des règles formelles et informelles dont le but tend vers la préservation de l’espèce (regroupement en villages, en villes pour des raisons de sécurité, mariage, vie en couple, pour optimiser les naissances, etc…). Les individus qui ne s’y plient pas connaissent une certaine pression sociale (« Les braves gens n’aiment pas que, l’on suive une autre route qu’eux » chantait Brassens). Aussi, on valorise les bons sentiments par rapport aux mauvais.
Du coup, il parait bien évidemment plus normal d’être jovial que déprimé.Mais qu’en est-il si on essaie de voir ça en dehors du processus de normalisation sociale?

Etre « jovial », c’est être sensé


Bien entendu , on ne choisit pas d’être heureux ou malheureux. Mais, au delà des contraintes externes à l’individu qui jouent sur son sentiment de bien être, il existe au niveau interne, une possibilité de tendre, par philosophie de vie, vers le bonheur (voir la vie du bon coté). Ainsi on peut être jovial (pour reprendre le terme sans doute excessif) par conviction personnelle. Une telle conviction découle du fait que nous ne sommes pas immortels. Il est donc tout à fait logique de chercher à rendre notre existence la meilleure possible en essayant de chasser les sentiments néfastes (tristesse, par exemple) et en mettant tout en œuvre pour privilégier les sentiments positifs. Le « jovial » semble donc avoir « la tête sur les épaules ».

Être déprimé, c’est logique


On ne choisit pas vraiment d’être triste ou dépressif: des facteurs extérieurs ou bien la fatigue peuvent conduire à ces états. Mais, pourtant, si on analysait froidement notre situation d’être humain, nous devrions tous être déprimés. En effet, nous sommes mortels, complètement éphémères, tout ce que nous construisons disparaitra. Nous en sommes réduits à nous trouver parfois chanceux de pouvoir vieillir (sans mourir prématurément). Chanceux de voir nos facultés s’amenuiser, la déchéance et l’échéance se rapprocher, nos proches disparaitre avant nous? Et certains (les « jovials ») trouvent ça drôle?
C’est comme si ils étaient en train de tomber du haut d’un immeuble en riant, en trouvant des aspects positifs! Ces tarés! Le déprimé est donc tout à fait normal.

Conclusion:


On peut donc dire qu’il est aussi logique d’être heureux que d’être déprimé. Les circonstances de la vie, souvent , ne permettent pas de choisir son état: l’Homme le subit. Sa marge de manœuvre est faible: même s’il pense parfois agir par éthique personnelle pour s’approcher du bonheur, son action est, en fait, dictée par des pulsions visant à la survie de l’espèce. Il y a , en effet, quelque chose dans le fonctionnement « normal » de l’individu qui le pousse à nier la dure réalité (la certitude qu’il va mourir) et à privilégier les instants de plaisir. L’Homme, par défaut, est bel et bien programmé pour être heureux, Ce taré…;)

Photo d’illustration: Certains droits réservés par Julikeishon, sur le site Flickr.com)

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