Les cyclistes intégristes

Autant je n’ai rien contre l’utilisateur occasionnel, voir régulier, de bicyclette, pour son loisir, ses petits déplacements, ni contre le sportif amateur ou pro qui raffolent de l’effort à vélo, autant j’ai du mal avec le cycliste intégriste des villes. De quoi je parle exactement?
(Photo: Licence Creative Commons partage à l’identique , certains droits réservés par Kriston Lewis , issue du site: flickr.com)

Et bien, du type qui a fait de ce moyen de transport, LE moyen absolu, ultime en ville et qui consciemment ou non, conspue ceux dont il s’imagine qu’ils ne pensent pas tout à fait comme lui, c’est à dire bien souvent l’automobiliste moyen. Je précise de suite que je suis à 100% pour l’utilisation du vélo en ville, quand les conditions climatiques et de sécurité le permettent et quand cela est adapté au quotidien. Ce qui m’énerve, ce sont les comportements jusqu’au-boutistes de certains “cyclistes”: ceux qui prennent leur vélo par tous les temps (alors qu’ils auraient d’autres choix), qui arrivent au travail dégoulinants, qui ruissellent d’eau de pluie dans les halls d’immeuble, de locaux d’entreprise, les ascenseurs, qui salissent tout sur leur passage, qui transpire de la tête aux pieds l’été, qui , du haut de leur air de “types qui ont tout compris”, n’attendent même pas la fin de votre créneau pour passer à fond derrière votre pare chocs en vous infligeant leur visage haineux (à propos duquel vous n’avez pourtant aucune responsabilité). Car selon eux , vous êtes coupable d’être en voiture: ils ont donc tous les droits, vous aucun. Vous les emmerdez, ces cons! Ils ne connaissent rien de votre vie, de vos obligations, de vos convictions, mais ils se permettent un jugement, et par une catégorisation hâtive, mettent tout le monde dans le même panier. Seul EUX ont compris quelle était la meilleure façon de se déplacer en ville: c’est la LEUR. Alors, ils se faufilent, grillent des feux, passent sur les trottoirs, non pas tout doucement sans gêner quiconque, mais en rouspétant, en affirmant crânement ce qu’ils doivent considérer comme un droit divin: celui d’avoir tous les droits. Quels pignoufs!

Et j’ai vu encore pire! Le jusqu’au-boutiste de l’extrême! Le type (ou la femme) qui fait prendre des risques à ses jeunes enfants, en les transportant sur son vélo, sans casque bien sur, tout en continuant, comme si il était seul , d’agir en intégriste du vélo! Sens interdit, trottoir, slalom entre les voitures dans des rues étroites, etc… J’ai même vu encore pire! Le transport d’enfants sans casque, en vélo, sur routes enneigées et glacées (hiver rigoureux 2009/2010: 20 cm de neige sur la route!), à 8h du matin, de nuit donc!! Heureusement, il doit y avoir un dieu pour ces inconscients, car , je n’ai pas noté une hécatombe d’enfants blessés dans ces conditions (mais bon, je ne suis pas au courant de tous les accidents qui surviennent, et heureusement, de tels blaireaux ne doivent pas être si nombreux).

Mais, tout de même, jusqu’où iront-ils? Vont-ils traverser un fleuve, rouler sur de la lave ou bien sur un champ de mines? On a même, dans certaines villes, légalisé leur inconscience: on leur a donné le droit d’emprunter certaines rues en sens interdit. Bon, on a dû juger que les cyclistes étaient grabataires au point d’être incapables de faire 100 m de plus pour aller prendre la rue qui est dans le bon sens. Soit. Mais du coup, on a créé des zones encore plus dangereuses, non pas pour le cycliste normal, qui va rouler prudemment, conscient qu’il est à contre sens et qu’il lui faudra être plus vigilant, mais encore une fois pour l’intégriste. Ce dernier ne prend donc pas ces aménagements de circulation comme une petite “fleur” faite aux cyclistes, dans le cadre d’un respect mutuel avec les autres usagers de ces rues. Non, il circule à fond, maintient son cap, défendant fièrement (non mais quelle burne!) sa position contre tous: automobilistes âgés, étourdis, touristes de passage, et même camions! Il prend (bien sur) le risque de débouler aux intersections , négligeant le fait que, pour la plupart des autres utilisateurs, il vient de nulle part: Comment penser qu’un cycliste va surgir d’une rue habituellement interdite à la circulation dans ce sens?

Bon allez, vive le vélo en ville, et mort aux cons!

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2 réflexions sur “Les cyclistes intégristes

  1. tu mélanges tout.
    moi j’ai la haine contre les pseudo journaleux qui font des billets d’humeur en fustigeant l’un de seuls moyens de transport à énergie propre.
    c’est toi l’intégriste à la c***.

    en bref, va te faire fo*** co**** et explose ton cer*** de lob*** sur un 35t diesel

    1. (Houla! ça devient « chaud » d’avoir un blog!)

      Bon essayons plutôt de parler du fond en évitant les insultes: c’est désagréable (et en plus c’est interdit par la loi).

      Je tente de saisir ce qui a pu te mettre en colère comme ça.
      Je pensais au début que tu te sentais peut-être visé par le ton un peu caustique de l’article. Puis en réfléchissant, je me suis dit: comment peut on se sentir concerné, et le revendiquer, par un texte qui se termine par “mort aux cons!”, et qui (même s’il est un peu exagéré par moment) se contente de dénoncer les comportements déviants de certains cyclistes ? J’ai donc écarté cette hypothèse.

      Si on fait preuve d’un minimum d’honnêteté , on ne peut qu’être d’accord avec des choses comme:
      – il est très dangereux ( et stupide) de transporter des jeunes enfants à vélo sans casque sur des routes enneigées ou/et gelées
      – il est inutile et peu courtois de vociférer sur des automobilistes qui respectent pourtant le code de la route
      – etc…

      Donc j’ai supposé deux choses:
      – tu as lu rapidement le texte, et tu n’as pas vu que je déclare à plusieurs reprises que je suis très favorable à ce moyen de transport en ville, je suis donc loin de le “fustiger”, comme tu le dis. Tu t’es plutôt focalisé sur le ton caustique (par ailleurs, souvent employé dans les billets d’humeur), ce qui t’a sans doute “agacé” (et je peux le comprendre, même si encore une fois, je n’accepte pas les insultes)
      – nous sommes plutôt d’accord sur le fond: le vélo en ville est un super moyen de transport. Mais ceci n’est pas remis en cause par mon texte. Ce que j’ai voulu dénoncer c’est l’inconscience et la bêtise de certains et aussi l’ agressivité déplacée et contre-productive de certains cyclistes (que j’ai pu observer).

      En allant plus loin, on pourrait tenter de comprendre cette agressivité en se disant que les cyclistes et les piétons d’une ville subissent la pollution des voitures, des camions , etc, et que donc ils sont en droit d’être mécontents face à ces autres habitants de la ville.

      C’est là qu’on vient au cœur de mon point de vue: je juge que cela ne mérite pas de l’agressivité, et dans ce billet d’humeur, j’ai voulu répondre à celle-ci. Car, si les usagers de la voiture ont souvent de mauvaises habitudes, dans de nombreux cas ils sont dépendants des infrastructures de leur ville (route, pistes cyclables, transport en commun, parking relais), des contraintes liés à leur mode de vie (horaire de travail, garde d’enfants, lieu d’habitation), de problèmes physiques ou psychologiques (douleurs, petit ou grand handicap, peur de se déplacer à pied ou en vélo, etc..).
      Il vaut mieux donc à mon avis encourager la pratique du vélo en ville en créant les meilleurs conditions possibles et en incitant gentiment ceux qui le peuvent à choisir ce moyen de transport ( je concluais l’article en disant : “vive le vélo en ville!” ).

      Petite anecdote 100% véridique (arrivée récemment, presque 3 ans après la rédaction de l’article)
      Je roulais en voiture en ville (je précise que je fais moins de 2000 km/an en voiture, mais ce jour là j’étais bien en voiture!). C’était dans le centre ville, zone limitée à 30 km/h. J’attendais à un feu rouge en première position. Le feu passe au vert et étant vigilant, j’aperçois un cycliste venant d’une rue de droite griller son feu rouge assez lentement (mais sûrement!). Je ralentis pour qu’il puisse passer (en ville je ne suis jamais à 5 secondes prés, l’essentiel est que les choses soient fluides; dans ce cas précis, j’avais le temps, si j’avais voulu, de lui donner un coup de klaxon , de le contourner et continuer mon chemin). Au lieu de me remercier pour ce geste sympathique, le type me regarde et se met à rouspéter en me regardant: “vous faites chier avec vos bagnoles! “ . Un peu énervé et surpris, je lui dis de circuler (en ajoutant sûrement un petit “pignouf!” car il le méritait bien!.. bon, avec le recul et avec plus de temps, on aurait sûrement discuté plus sympathiquement.)

      Je trouve qu’il illustre parfaitement le comportement un peu idiot que je dénonce: il ne sait rien de mes idées, de mes obligations, je le laisse gentiment passer au rouge et il m’agresse!

      En conclusion, il ne faudrait pas voir cet article (mais alors pas du tout!) comme un dérivé de querelles d’usagers de la route, mais plutôt comme une dénonciation de l’intransigeance en général et du non respect des idées et des possibilités de l’autre.

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